Archive de 25 juillet 2007

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Les Breuckmänner en excursion

Mercredi 25 juillet 2007

Comme on est une super entreprise qui veut aller loin et laisser sur place ces ordures de chez GOM, on a droit à des excursions pour renforcer notre motivation, mieux travailler, vendre plus, et finalement enrichir notre vénéré patron. Tout ça se répercute à la fin de l’année par des augmentations de salaire qui endorment l’esprit révolutionnaire de l’employé et permettent au capitalisme d’écraser dans l’œuf toute envie de revendication. Comme j’ai pas l’âme révolutionnaire, ben du coup j’ai pas d’augmentation, moi (parce que la Commission Européenne a beau être gentille, elle a ses limites).

Avant de partir, il y a eu un vote démocratique qui nous permettait de choisir le but de l’excursion :

1/ faire du canoë (22 voix pour)

2/ partir en randonnée (14 voix pour)

3/ aller faire un tour en train en vapeur et visiter une ferme d’autruches (2 voix pour).

Comme notre vénéré patron a voté pour la troisième proposition, eh ben on est parti faire notre tour en train.

Le train s’appelle le Sauschwänzlebahn, littéralement le train de la petite queue de cochon, parce que, eh ben parce qu’il est en forme de queue de cochon. Il part de Blumberg, près de Schaffhausen et tire-bouchonne donc à travers quelques viaducs et tunnels, dont l’un a la particularité de faire un tour complet (en s’élevant évidemment, sinon ça marche pas).

Le petit train

Comme on est en Allemagne, il va de soi qu’on prend de quoi boire et manger dans le train, mais attention, aujourd’hui c’est fête alors les saucisses et le prosecco sont remplacés par des bretzels et du sekt-orange (du mousseux avec du jus d’orange, eh oui on dirait une hérésie, mais leur mousseux est suffisamment mauvais pour mériter un tel traitement).

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Voyage agréable, on en retiendra que, dans les tunnels, lorsqu’on est en train à vapeur, on peut économiser un jeton de laverie en ne voyageant pas sur les marchepieds. Comme on est dans une entreprise d’optique tout le monde a sorti son reflex et ça discute dur sur les caractéristiques des capteurs CCD. Bon évidemment, notre diabolique (mais vénéré) chef en profite pour faire dévier la conversation sur le travail, et, bim !, c’était trop beau, me confie une nouvelle tâche (une vague histoire de texture mapping, pour ceux que ça intéresse). Je comprends pourquoi personne ne lui parle, dès qu’on est gentil avec lui, il en profite pour nous refiler du travail.

Tout ça est fort intéressant, mais la contemplation ne nourrissant toujours pas son homme, malgré les progrès, nous partons donc visiter cette fameuse ferme d’autruches, où on nous a promis de manger (et une présentation PowerPoint, mais bizarrement ça nous excite beaucoup moins). Repas sympathique, nous mangeons donc de l’autruche, après tout c’est jamais qu’un gros poulet.

L’occasion de montrer mes gentils collègues :

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A gauche, mon vénéré patron, qu’il soit mille et mille fois heureux, accessoirement avec des gens qui sont de bons employés qui font en sorte de tout le temps lui sourire (il va leur arriver des bricoles).

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Des collègues en train de se moquer de moi (en général, soit les gens travaillent, soit ils se moquent de moi, surtout le responsable réseau avec son t-shirt du Brésil, là), avec tout à droite, mon chef de service.

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Et puis donc moi-même avec mon chef (tout le monde est mon chef dans cette boîte) qui se paie ma fiole.

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Et puis d’autres collègues.

Après avoir bien mangé, direction la visite des autruches, parce que bon, hein, la culture c’est important. On en retiendra rien, parce qu’on écoutait pas. Juste que les autruches, ça a l’air aussi intelligent qu’un gros poulet. Décidément ces clichés ont la vie dure.

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Pour finir en beauté cette journée, paf une présentation de la stagiaire (ah tiens, non elle c’est pas mon chef) qui nous raconte comment elle est partie faire une campagne de scans en Mongolie, ce qui avait l’air d’être un sympathique roadtrip. Dommage, ça a plus tendance à énerver les gens qui auraient voulu partir à sa place. Moi au moins j’ai le bon goût de ne voyager que dans des endroits qui ne font pas rêver : voilà le secret.

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TFFM (The first Fellow Meeting)

Mercredi 25 juillet 2007

Partir à Leipzig pour travailler un week-end, j’espérais un peu mieux de mes collègues chercheurs qui ont organisé ce FM (fellow meeting, il va falloir se faire aux acronymes, il va y en avoir un paquet). Ils font du zèle maintenant…Contrairement à ce que je pensais initialement, Leipzig est une ville charmante, pleine de vie, et contrairement à ce que l’on peut penser de prime abord, on ne remarque l’ « Ossitude » qu’à quelques détails.

L’Ampelmann par exemple. Ce petit bonhomme a été dessiné sous le régime de RDA, son créateur pensant que les camarades citoyens auraient davantage tendance à respecter la loi si elle prenait la forme d’un personnage rigolo. L’auteur a quand même eu peur du côté bourgeois donné par le chapeau.

Ampelmann vert!

On peut aussi trouver quelques restes soviétiques, comme un bâtiment surmonté d’une étoile rouge. Fait étrange, il avait été offert à l’Allemagne dans les années 20. Comme ils trouvaient ça joli, ils l’ont gardé.

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Autre fait étrange, il y a un monument énorme, le Völkerschlachtdenkmal, autrement dit, le monument de la bataille des nations… Tiens qu’est-ce à dire ? La bataille de Leipzig, ça n’évoque rien ? Une grosse raclée qu’a prise Napoléon. On passe rapidement dessus en France, mais là-bas ils en sont bien fiers, et ont fêté ça dans un style bien kolossal.

Le Völkerschlachtdenkmal

A part ça, il y a une grosse Rathaus, une autre plus petite, l’église dans laquelle Bach a été Kappelmeister pendant 20 ans, un Max Planck Institut, une église orthodoxe, quelques Trabants, et quelques quartiers un peu décrépits qui rappellent quand même qu’en terme d’urbanisme, le communisme ne faisait pas vraiment dans la dentelle.

N’oublions quand même pas que j’étais là pour travailler, au Max Planck Institut, donc. Ca donne envie de travailler dans la recherche publique quand on voit ça : mur d’escalade, sauna, piscine, petit bassin (et un budget de recherche pharaonique qui leur permet d’avoir fait notamment rentrer dans un conteneur un IRM pour le transporter partout avec soi. C’est plus pratique). Entre petits fellows de l’EVAN, l’atmosphère est détendue, les social events (les SE) aidant beaucoup. Par SE, il faut comprendre une soirée au bar en général. C’est le gros avantage de ce programme qui permet d’acquérir une solide connaissance sur les bières européennes (et puis on avait rien à payer en plus, la Commission nous ayant laissée une enveloppe conséquente pour le week-end. On appelle ça le budget E, ça a plus de gueule que « l’argent pour la picole »).

0005.jpgLe Max Planck Institut

Tellement détendue, l’atmosphère, que tout presque tout le monde se montrera très très calme au cours des présentations… Chacun montre son travail (et j’en ai donc étais réduit à une suite de blagues pour arriver à capter un peu l’attention de mes collègues qui se contrefichent toujours autant de ce que je peux faire, ces pourritures d’anthropologues).

Au resto (comme la moitié du temps)EVAN, sponsorisé par PringlesLes fellows en train de dormir (bon, pas tous)

De mon côté, j’en aurai retenu les divers modes de développement des orangs-outans. Car, oui, il y avait là un spécialiste des orangs-outans. Pourquoi regarder des documentaires du National Geographic quand on travaille avec des gens pareils ? Quoiqu’il y avait aussi un spécialiste de la mastication chez les hommes de Néanderthal, et là franchement, celui-là il a raté sa voie. Rien ne vaut une bonne étude des singes.

Car les orangs-outans mâles peuvent avoir des grosses joues (on dit alors qu’ils sont flanged dans le jargon) ou bien non (unflanged). Certains développent ces caractéristiques (les grosses joues et quelques autres) à l’adolescence pour devenir des mâles dominants. Les flanged possèdent un vaste territoire et peuvent crier plus fort pour attirer les femelles. Les autres (qui sont donc moins beaux, c’est assez évident) vivent sur le territoire de mâles dominants et doivent se débrouiller pour trouver l’âme sœur. Bon, en fait d’âme sœur, ils violent les femelles, on fait ce qu’on peut quand on un physique ingrat sans grosses joues.