Archive de 3 juin 2008

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Mardi 3 juin 2008

Lundi 12 mai 11heures, aéroport de Chengdu. 12h installation à l’hôtel. 12h30 petit restaurant tibétain. Puis nous voilà en route vers le temple taoïste de la ville. 14h25 tiens, regarde un héron blanc sur la rivière…14h28 c’est moi ou la terre tremble ? 14h29 les immeubles font des va et vient, les vitres claquent, la rivière fait des vagues, les grosses pierres tremblent, les taxis klaxonnent. 14H29, 30 secondes, mon dieu, quand est-ce que cela s’arrête ? C’est effroyablement long. Les immeubles tiennent encore ? 14h30 panique, les gens sortent de partout et viennent se réfugier près de la rivière… puis tout se calme. C’est fini ? Encore quelques secousses. Ok. Rien de grave pour nous. Tout est encore debout. Le réseau téléphonique est saturé.

On vient d’être témoins du plus gros séisme qu’ait vécu la Chine depuis 30 ans. Au début on ne se rend pas bien compte de l’intensité de la secousse. On va quand même voir le temple. Le jardin est ouvert mais tous les bâtiments sont fermés. On a l’impression que la terre sous nos pieds n’est pas tout à fait stable mais on ne sais plus si c’est une illusion ou la vérité… On décide de rentrer vers l’hôtel, on aura plus d’infos là bas. Impossible de trouver un taxi, tout le monde rentre chez soi. Premier retentissement des sirènes de pompier. Sur le chemin du retour, tout le monde attend dehors en prévision de nouvelles répliques, les malades sont sur les berges, sur des brancards de fortune, les infirmières désemparées. Les hauts immeubles sont fermés; mais pas notre hôtel qui ne compte que deux étages. D’après le personnel, le gouvernement a dit aux gens de rester dehors par peur des répliques. Les gens investissent les jardins. L’orage menace. Bilan provisoire 4 morts par l’effondrement d’une école. De nouvelles grosses répliques (au alentour de 5 sur l’échelle de Richter) nous font sortir en vitesse des bâtiments. L’après midi passe. On mange et on va se coucher. Bilan 200 morts. On (enfin surtout Christelle) ne trouve pas vraiment le sommeil. Encore des répliques au milieu de la nuit.

Mardi matin, il pleut à verse, on reste à l’hôtel. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. 4000 morts mardi matin. Le télévision passe en boucle les avancements des secouristes. Toujours des répliques petites et grosses. Bilan en fin de journée 10000 morts. La pression monte à chaque nouvelle réplique. Visages tendus, des ambulances passent dans la rue. Bon on part demain, tout va bien. On est un peu égoïste dans ces moments-là.

Mercredi, le matin on va voir les pandas. L’après midi se passe en lecture. On fait nos bagages et en route pour la gare. On prend de l’avance et on part à 17 heures pour un train à 21heures. A la gare, c’est un peu flippant. Elle est fermée par un cordon de sécurité. 10000 personnes attendent sur la grande place pour prendre leur train mais personne ne rentre. On ne comprend pas trop ce qui se passe. On voit juste des panneaux installés dehors avec des numéros de train et des gens autour. Vers 18h30 la police débarque et crée un grand couloir au milieu de la foule. Puis on comprend. Les trains sont appelés au fur et à mesure et les gens munis de billets rentrent. On attend l’appel de notre train. On respire mieux sur la grande place qui s’est un peu vidée. Les gens autour de nous nous sourient et on trouve un policier sympa parlant un peu anglais qui nous dit “restez ici je vous appelle quand c’est votre train”. Des étudiants parlant anglais nous demandent d’où nous venons (nous disons de la Suisse parce que être Français en Chine c’est pas le top en ce moment, en plus la Suisse ils ne connaissent pas) et nous avons quelques bribes de conversation. Alex fait des grimaces avec une petite fille qui trouve ça bien rigolo et qui nous dit “welcome in China”. 22 heures passent puis 23 heures. Enfin on nous annonce que notre train a été annulé. Et merde. Une chinoise au prénom de “Jenny” nous voie un peu errants et perdus autour de la gare. “May I help you?” Yes yes yes. Elle nous compose le numéro de l’hôtel et nous aide à trouver un taxi. Merci Jenny. Retour case départ. On se couche bien fatigués.

Jeudi : on vérifie de suite les avions, nous ne pouvons partir que dimanche prochain. Ok. on prend notre mal en patience. D’autres Européens on aussi fait les allers et retours entre la gare ou l’aéroport et l’hôtel. On apprend à jouer au échecs chinois. On va aussi faire le tour du quartier histoire de prendre l’air. Les magasins “outdoor” vendant sacs de couchage et tentes sont littéralement dévalisés.

Vendredi on se change les idées et on va visiter Leshan.

Samedi, dernier jour d’angoisse. Alors que vendredi était calme, il y a encore eu une grosse réplique cette nuit. Le bilan est de 60000 morts, 20000 disparus. Des villes entières se sont effondrées à 100 km de Chengdu.

Dimanche, 1 heure du matin encore une grosse réplique. On se lève à 5h30 pour partir à l’aéroport le plus vite possible. Au passage on s’aperçoit que la sécurité c’est quand même pas le top: notre hôtel est fermé à double tours par un gros cadenas, en gros on aurait pas pu sortir au milieu de la nuit au cas où… Encore quelques petites secousses pendant que nous attendons notre avion. On embarque. On attend. Notre avion ne bouge pas. Des avions cargos apportant aide et matériel atterrissent encore. Bon. On est dans l’avion non? Ils ne peuvent plus nous dire de débarquer… Enfin on roule et on décolle vers Xi’an. C’est quand même le soulagement.

Voici dans les grandes lignes notre vécu du tremblement de terre. Au final on s’aperçoit qu’on a été témoin de quelque chose de traumatisant pour toute une nation. Mais nous, nous n’avons rien perdu dans l’affaire. Nous sommes quittes pour une très grosse frayeur et nous sommes bien chanceux. Le pire c’est pour ceux qui restent. Au dernières nouvelles Chengdu s’est vidée de 1/3 de ses habitants.

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Guilin

Mardi 3 juin 2008

Après être passé trois fois devant l’auberge sans la voir, nous la trouvons enfin et on s’installe, juste pour une nuit. A la réception les gens parlent à peine anglais mais notre chambre est agréable et comfortable. On réserve de suite notre taxi pour nous emmener à l’aéroport le lendemain. Enfin, on va profiter des dernières heures de soleil pour se balader le long de la rivière Li. On passe devant le parc ou deux jolies pagodes, une en or, une en argent se reflètent dans la rivière. Bon. Sinon, on est fatigué et un peu mou alors on fait juste quelques emplettes et on va se coucher.   

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LongJi

Mardi 3 juin 2008

Au début, c’était un caprice. “Je veux voir des rizières en terrasse ! Je veux !” répétait Alex. Et il a bien fallu céder parce que sinon c’était la crise de nerfs. Nous sommes donc partis à 4 de Yangshuo à 6 heures du matin pour faire 4 heures de route vers le nord du Guangxi.

On quitte les pics de karst et on fait route à travers des forêts de bambous avant d’arriver aux terrasses de l’épine dorsale du dragon, à LongJi où il nous faut un peu crapahuter pour dépasser un petit village et prendre de la hauteur pour voir un paysage à couper le souffle, les fameuses rizières en terrasse qui escaladent le flanc des collines environnantes. Il y a d’une part “les 9 dragons et les 5 tigres” (9 collines d’un côté, 5 de l’autres) et d’autre part “les 7 étoiles et la lune” (7 et 1). Et puis les femmes de l’ethnie Yao qui proposent avec insistance de prendre des photos avec leurs longs cheveux déroulés (moyennant finance) ou des tissus faits maison (mouais…).

Quoiqu’il en soit, le spectacle de ces collines façonnées à la main valait bien les 7 heures de voyage au total. En partant, on se sépare à l’aéroport de Guilin de Bilou et Joice qui nous auront bien aidé jusque là et on part vivre notre vie tous seuls.