Arrivés le matin à Pékin, nous nous dirigeons à la descente du train vers notre auberge, cachée au milieu d’un hútòng, un de ces petits quartiers populaires, bâti selon les règles du Fengshui.
Pour notre première journée, priorité au classicisme avec la visite de la Cité Interdite. En arrivant sur la place Tiananmen, on a un rapide aperçu de l’immensité et de l’inhospitalité de l’asphalte, mais on y reviendra par la suite. La Cité Interdite était la résidence impériale sous les dynasties Ming et Qing, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne devaient pas en avoir honte. Aujourd’hui encore, les communistes ont essayé plus ou moins de s’approprier le symbole en mettant un gigantesque portrait de Mao à l’entrée. Le lieu est immense, couvrant environ un carré d’un kilomètre de côté et à l’intérieur, c’est une succession de bâtiments rouges au toits de tuiles rondes, avec des décorations colorées. Mais le style est d’une homogénéité sans pareille qui finit malgré tout par nous lasser quelque peu, surtout qu’une chappe de smog jaunâtre s’abat peu à peu sur la ville, qui fait disparaître les perspectives derrière un voile. En sortant, nous essayons de prendre de la hauteur sur la colline de charbon au sud de la Cité, mais la vision est toujours gâchée par la pollution.
Le lendemain, nous partons un peu à l’écart du centre, voir le palais d’été, résidence de la dernière impératrice douairière et mégalomane. Sur un site immense, il y a des temples, un lac, un pont à 17 arches, un parc immense et la reproduction de rues commerçantes. Le parc ressemble à une Chine en miniature.
Pour notre troisième jour, nous avons gardé une randonnée sur la Grande Muraille. Il y a peu à dire car les mots sont faibles pour évoquer ces splendeurs, mais les visions étaient vraiment grandioses : la muraille court le long des crêtes des collines à perte de vue, parfois avec des angles impressionnants et on se prend à spéculer sur les quantités d’hommes qui ont dû mourir pour bâtir une telle merveille. Pour terminer, cette randonnée, on descend en tyrolienne au-dessus d’un lac.
Pour finir notre visite de Pékin, nous passons notre dernier jour au temple des lamas, sanctuaire tibétain, où malgré “l’overdose des temples” qui point, on peut encore admirer des statues terrifiantes de démons aux gueules béantes et une statue de Bouddha de 18 mètres d’une seule pièce en bois de santal. Nous repassons rapidement sur la place Tiananmen, au sud, mais la chaleur étouffante nous pousse à gagner des lieux plus cléments. Nous passons l’après-midi à nous promener dans la grande rue commerçante de Wangfujing et ses malls, et son marché où l’on trouve des brochettes de scorpions, d’hippocampes, de larves énormes.